Récit de Yvon Volatier, vainqueur en 7h11'32"

Publié le par Jeff


Venu du département de l'Ain, avec pour objectif d'affiner sa préparation en vu d'échéances à moyen terme, Yvon Volatier livre ses impressions sur le site nd2br ("not dead but bien raid") à propos de la course, du parcours et de l'organisation :

Samedi 13 juin 2009, je fixe le dossard n° 8 du Trail des Hautes Pyrénées sur mon beau tee-shirt ND2BR. La dernière fois que j’ai porté ce numéro, c’était bien loin d’ici dans les montagnes de l’Himalaya, un signe ?

Dimanche 14, 7 heures du matin à la Maison des Sources de Mauléon-Barousse, Mme le Maire donne le top départ du 1er Trail des Hautes Pyrénées, après l’édition 0 de 2008. Ce trail en ligne doit nous permettre de rallier la vallée de la Barousse à la vallée du Louron, arrivée à Génos-Loudenvielle, en passant par les crêtes de Nestes. Soit au programme de ce dimanche, 15 sommets, 12 cols pour 54,4 km et un dénivelé gargantuesque de 4000m positif et 3500 négatif.

Après 3 km d’échauffement et le passage du village de Ourdes, ce sont 1,5 km à 29% de pente moyenne qui nous sont offert en guise de petit déjeuner. Arc-bouté sur mes cannes en carbone, je regarde passer un jeune «isard » à l’accent du sud-ouest à qui la pente ne semble offrir aucune résistance. Je souhaite qu’il s’agisse d’un relayeur, parce que pour ma part, j’ai du mal à monter mes fesses dans ce premier mur nous menant au Mont Aspet 1300 m plus haut.

Aux layons abrupts de la forêt succèdent les prairies d’altitudes, ces pâtures dont les qualités sont mises en exergue par la production du fromage local « Le barousse ». Enfin, le premier ravitaillement, seulement 16 km en 2h15 mais 1700 m d’avalés ; les encouragements des bénévoles rencontrés la veille lors de la pasta-party font grand bien.

Je repars en compagnie d’un coureur solo apparemment un peu inquiet de ma présence à ses côtés !? Il s’éloigne d’abord, puis nous partageons quelques km au travers des épineux couvrant les versants sud précédent la montée de la montagne d’Areng. Le nez dans les chardons, le souffle court, je tire partie de mes bâtons pour creuser l’écart sur ce premier sommet au-dessus de 2000 m.

Les névés se succèdent sur les pentes nord, plein sud en direction de l’Espagne la dentelle pyrénéenne se découpe bien blanche sur fond bleu. A l’ouest, le Pic du Midi de Bigorre et son observatoire dominent l’horizon.

Passage au Mont Né 2147 m, point culminant du parcours, la mi-course est franchie et je plonge vers le second ravitaillement au Plat d’Artigue Longue, 600 m plus bas. Là, à ce pointage intermédiaire, on m’annonce 4ème derrière 3 relais, et donc 1er solo !! Mon sang ne fait qu’un tour, mais je suis vite calmé quand j’aperçois dans la clairière un grand gaillard dévalant la pente sans coup férir. Je repars de suite à grand coup de piochons en direction du lac de Bordère. Le sit(t)e est magique, un diamant dans un écrin de verdure lové au creux de la montagne.
Mais trêve de rêverie, la pente s’accentue encore, et le sommet du Tech 2138 m et le Pic du Lion 2102 m annoncent un parcours en crête de toute beauté.

Dernier point haut avant la descente sur le col du Peyressourde, Patrice à qui je dois ma présence ici est à son poste ! Je le remercie très chaleureusement pour ces quelques 42 bornes et 4000 m positif (il est maso cet homme là- commentaire de Nathalie) en exactement 6h00. Dur, dur !

Et il en reste 13 à dévaler jusqu’à Loudenvielle.
A la traversée de la route du Peyressourde, je retrouve Nathalie. Je ne sais pas si c’est la pôle position de son Karma de chéri qui la fait courir, mais elle file plus vite que moi pour rejoindre la Peugeot 205 garé à 1km de là.
Après 7h11, je franchis enfin la ligne en compagnie de Philippe Merlier, président du Comité d’Organisation et quelle organisation !

2 minutes plus tard, c’est Jean-Yves qui franchit l’arrivée, ce skieur de rando habitué de ces sommets dominant Luchon m’a talonné sévèrement sur ces 21 derniers km.

A signaler que c’est une féminine qui franchit la ligne d’arrivée la première en 6h27 après avoir relayé son compagnon au 33ème km. A lui les fortes pentes ascensionnelles, à elle les descentes vertigineuses. Ce charmant couple du sud-Ouest venait là pour le fun après avoir raccroché les planches de rando du côté de Néouvielle le week-end dernier.

Bravo aux bénévoles et organisateurs pour cette première menée de main de maître, et pour ma part, je vous conseille la formule complète du THP : dossard + demi-pension+ visit(t)e de la maison des sources + balnéo à Loudenvielle.

Question préparation, la sortie de 58 bornes réalisée 8 jours plus tôt sur les crêtes du Jura en compagnie de Laurent, JP et Didier n’a pas laissé de traces. La séance de massage LPG prodiguée par Nina n’est certainement pas étrangère à ce résultat. Le cabinet « Sérénité » de Bourg en Bresse réserve un accueil préférentiel aux membres de ND2BR, me contacter pour plus d’infos.

 

Publié dans Récits - Reportages

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